AU BORD DE LA LOIRE

Après avoir fait une pause d’une semaine à la ferme de Rouy, nous voilà repartis avec pour mission d’atteindre la mer. Cette sensation de partir de chez soi à vélo pour rejoindre l’océan nous donne des frissons dans tout le corps ! Grâce à notre motivation quotidienne, au soutien de nos proches et bien sûr à la force de nos jambes, ce moment arrivera.

Nous suivons la Loire depuis Nevers en passant par les majestueuses villes d’Orléans, Blois, Amboise, Tours, Saumur, Angers et Nantes jusqu’à Saint-Brevin les Pins, lieu mythique où le plus long fleuve de France ( 1006 km pour être exact) se jette dans l’océan atlantique.

Ce dernier fleuve encore sauvage est souvent nommé royal étant donné le nombre de châteaux sublimes ayant été construits à ses abords. La flore tout comme la faune ont été très bien préservées. On retrouve sur tout le long des hirondelles, des sternes, des mouettes rieuses, des hérons cendrés, de grands cormorans… Les saules et frênes constituent la majorité des arbres bordant ce fleuve.

Il est difficile voire impossible de naviguer sur la Loire étant donné sa faible profondeur d’eau et les mouvements naturels des bancs de sable. Le gabarre, bateau traditionnel que l’on retrouve tout le long de la Loire, était destiné à transporter des marchandises sur les voies fluviales. Le fond est plat ce qui leur permet d’avoir un faible tirant d’eau, distance entre le niveau de l’eau et le bas de la coque. Aujourd’hui, ce bateau est encore utilisé mais dans un but touristique.

En approchant les plus grandes villes notamment Gien, Amboise, Blois et Saumur le décor est quelque peu similaire : un pont historique permet de traverser la Loire, un château dominant la ville et quelques églises.

GIEN

AMBOISE

BLOIS

SAUMUR

Situé dans le Loir-et-Cher, le château qui m’a le plus marqué est Chambord par sa grandeur et sa finesse du détail. Inscrit au patrimoine de l’Unesco en 1981, Francois Ier engage sa construction en 1519 au centre d’une forêt gigantesque pour assouvir sa passion pour la chasse.

 

 

L’œuvre ne sera terminée qu’en 1685 sous Louis XIV. Comme il aimait bien le stipuler « si l’on se préoccupait de l’achèvement des choses, on n’entreprendrai jamais rien ».  Sa particularité réside dans la construction de son escalier à double révolution : deux escaliers qui ne se croisent jamais. Celui qui monte ne croisent pas celui qui descend. Très belle œuvre architecturale !

 

 

 

 

 

Mon préféré reste cependant le célèbre château de Chenonceau, également appelé le château des Dames. En effet ce dernier a été façonné par des personnalités féminines de l’époque, Diane de Poitiers, maîtresse d’Henri II,  Louise Dulpin, Catherine de Médicis, épouse d’Henri II … Difficile de rester insensible face à ce joyau de la renaissance.

Nous séjournons deux nuits à Tours où nous sommes hébergés par une personne très sympathique – Théophile rencontré grâce à l’application Couchsurfing, une communauté de voyageurs. Nous nous sentons comme à la maison. Son appartement est gigantesque. Nous partageons la même passion du voyage. Il nous raconte son expérience en Norvège où il a baroudé pendant plusieurs mois après avoir rendu visite à un ami en Erasmus. Il adhère totalement à notre périple et à notre message.

En rigolant, je lui insuffle : » Tu devrais monter une auberge de jeunesse ici ! ». C’est tout comme puisqu’il accueille presque tous les jours des gens du monde entier à Tours via Couchsurfing. Belle preuve de solidarité et de partage ! Il nous accompagne à vélo jusqu’à Bréhémont ou nous passons notre première nuit à la belle étoile au bord de la Loire, en savourant le premier barbecue et un coucher de soleil exceptionnel.

Les rencontres s’enchainent avec simplicité et partage. A côté d’Orléans, nous passons la nuit chez Clément, Ysis et Yaëlle grâce à l’application warmshowers, une communauté de cyclistes proposant l’hébergement. Végans, ils ont fait un tour d’Europe avec leur fille de 5 mois. Bravo pour leur courage et merci de nous avoir concocté des plats mystérieux mais tellement délicieux tout en nous racontant leurs aventures.

A Angers, Edouard et Maude, des amis à Benjamin rencontrés en Nouvelle-Zélande, nous accueillent chaleureusement et nous partagent les traditions de la région. Nous goûtons une spécialité du coin – les quernons d’ardoise. « Imaginez la plus fine des nougatines, savante association d’amandes et de noisettes, caramélisées et recouvertes ensuite d’une couche de chocolat bleuté. ». Ce maître chocolatier décide de créer cette confiserie en hommage à l’ardoise, pierre recouvrant les toitures de la région depuis des siècles.

A Nantes, Elodie et Jonathan nous ouvrent leur porte. On se rappellera des crêpes mangées avec excès. Le chocolat coulait sans modération. Merci pour ce régale !

Pour finaliser, Martine de Saint-Brevin-Les-Pins nous offre littéralement sa maison. Après avoir sympathisé pendant cinq minutes à l’entrée d’un bar, cette belle femme nous ramène chez elle, nous montre nos chambres et repart avec ses amies faire la fête. Quelle belle preuve de confiance !

Le massif et imposant pont de Saint-Nazaire à notre droite annonce notre arrivée à l’océan. Nous l’avons fait ! Nous y sommes arrivés ! Partis de Strasbourg à vélo et nous voilà à présent en face de l’océan Atlantique. Nous avons déjà fait tellement de rencontres et d’expériences insolites ! Merci à tous d’avoir été sur notre passage et d’avoir contribué à notre projet sous quelque forme que ce soit. En regardant en arrière, je m’aperçois qu’en ne faisant que « quelques kilomètres tous les jours » sur une période donnée, on peut atteindre de grandes choses !

CONFIANCE EN VOUS ! ON CONTINUE !